Le sport plus que jamais secoué par la cause transgenre

Pendant des années, de nombreuses fédérations et instances sportives ont refusé d’aborder la question transgenre, souvent jugée trop épineuse. Mais les récentes performances d’athlètes nés hommes et devenus femmes telles que l’haltérophile néo-zélandaise Laurel Hubbard, la nageuse américaine Lia Thomas, ou encore la cycliste britannique Emily Bridges ont contribué à libérer la parole.

Récemment, la Fédération internationale de natation (FINA) a été la première à se jeter à l’eau en annonçant la mise en place d’une « catégorie ouverte », pour que les athlètes transgenres concourent séparément, les bannissant de fait des compétitions internationales. Quelques heures plus tard, la Fédération internationale de rugby à XIII annonçait l’exclusion des athlètes transgenres des compétitions internationales.

Pour se justifier, la Fina explique notamment que les nageurs transgenres conservent des avantages physiques significatifs en endurance, en puissance, en vitesse ou encore en force. Un argument confirmé par les recherches des biologistes britannique et suédois Emma Hilton et Tommy Lungberg sur les effets de la suppression de la testostérone sur la masse musculaire et de la force chez les femmes transgenres qui « montrent systématiquement des changements très modestes qui s’élèvent généralement à environ 5 % après 12 mois de traitement des hormones ». 

Les décisions des fédérations de natation et de rugby ont logiquement suscité la colère et l’incompréhension des athlètes transgenres, et des associations de défense de la cause LGBT, qui considèrent une telle approche comme non scientifique et injuste. Le Consortium on Female Sport, une coalition de groupes de campagne dans sept pays, dont la France, a notamment appelé les fédérations sportives à inclure « une consultation significative avec les athlètes féminines dans le sport en question », avant de décider de leurs politiques transgenres. 

L’UCI en selle pour l’avancée de la cause transgenre 

Toutefois, les mesures prises récemment par les fédérations de natation et de rugby d’interdire aux femmes transgenres de participer aux compétitions internationales ne signifient pas nécessairement que les autres sports suivront cet avis. De nombreuses disciplines comme le cyclisme permettent aux athlètes transgenres de concourir dans la catégorie féminine, sous réserve d’un faible taux de testostérone.

Dans un communiqué publié le 17 juin, l’Union cycliste internationale (UCI), l’instance dirigeante du cyclisme, expliquait ainsi qu’une certaine injustice envers les femmes dans le sport est « acceptable en échange d’être inclusive ». L’UCI a notamment dévoilé une nouvelle politique qui stipule que les cyclistes ne peuvent concourir dans la catégorie féminine que s’ils maintiennent leur testostérone en dessous de 2,5 ml pendant 24 mois. 

L’UCI affirme également que la concurrence loyale n’est pas essentielle. « Il n’est peut-être pas nécessaire, ni même possible, d’éliminer tous les avantages individuels détenus par un transgenre […] Il est primordial, cependant, que tous les athlètes en compétition aient une chance de réussir, mais pas nécessairement une chance égale et conformément à la véritable essence du sport », précise l’organisation sportive dans son communiqué.

Pour les fédérations se dresse alors une autre option : permettre à quiconque de s’identifier au sport. Un choix qui semble être le plus controversé et le plus dangereux, notamment en matière de sports de combat alors que des recherches ont montré que la puissance de frappe moyenne est 162 % plus élevée chez les hommes que chez les femmes. La Fédération Internationale de Football Association (FIFA), l’instance dirigeante du football mondial, envisagerait de franchir le pas en supprimant le seuil de testostérone pour les femmes transgenres. Mais la solution dont rêvent la plupart des dirigeants sportifs, c’est-à-dire une solution miracle qui permettrait une inclusion totale, l’équité et la sécurité semble plus impossible que jamais. 

 

 

Crédit photo à la Une : UCI

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