Quand les clubs de football font marche arrière face à la grogne des supporters

Dans le monde du sport, la relation entre les clubs et leurs supporters est cruciale. Parfois, cette dynamique est mise à l’épreuve lorsque les décisions des clubs déclenchent la colère de leurs fans.

Les supporters sont souvent décrits comme le « douzième homme ». Leur passion, leur loyauté et leur soutien inconditionnel sont des atouts inestimables pour les clubs. Ils ne sont pas seulement des spectateurs, des consommateurs… Ils sont de véritables parties prenantes essentielles, influençant souvent la direction et les politiques des clubs.

Un club de sport est une entreprise hors norme, dans laquelle les “clients” sont des fans qui ont un affect émotionnel très marqué avec l’institution que le club représente. Il arrive que ces entreprises prennent des décisions qui déplaisent fortement à leur base de fans. Ces décisions peuvent concerner des changements de logo, de couleurs, de stade, ou même des augmentations de prix des billets. Parfois, elles sont aussi liées à des questions plus profondes, comme la gouvernance du club ou son intégrité sportive.

Or, la grogne des supporters est un rappel puissant que les clubs de sport ne sont pas de simples entités commerciales, mais des institutions ancrées dans les communautés. Les décisions prises sans considérer l’avis des fans peuvent avoir des conséquences graves. En fin de compte, la capacité d’un club à écouter et à répondre aux préoccupations de ses supporters est cruciale pour son succès et sa pérennité. 

Ces cas emblématiques de marche arrière

Certains clubs ont tenté de moderniser leur image, mais face à une réaction négative des fans, ils ont dû revenir à leurs emblèmes traditionnels. C’est le cas du FC Girondins de Bordeaux en France qui a vu en 2020 son logo modifié par l’équipe dirigeante mandatée par le nouveau propriétaire américain du club girondins. Les supporters s’étaient montrés particulièrement hostiles à ce changement. Au point que l’ancien écusson ne retrouve sa place un an plus tard lors du rachat du club par Gerard Lopez.

Les médias sociaux ont joué un rôle crucial dans l’amplification de la voix des supporters bordelais. Plus globalement, on constate que les réseaux sociaux permettent une mobilisation rapide et efficace, donnant aux fans une plateforme pour exprimer leur mécontentement et influencer les décisions des clubs.

En Angleterre, c’est le club de Liverpool qui s’est attiré les foudres de ses supporters en modifiant leur politique de tarification des billets. Les supporters s’étaient mobilisés massivement pour refuser l’augmentation des tarifs prévus en 2016 par le fonds d’investissement FSG, propriétaire du club. Les Reds avaient dû faire marche arrière et annuler l’augmentation du prix des billets à Anfield.

Enfin, l’annonce de la création d’une Super Ligue européenne de football en 2021 a provoqué un tollé parmi les supporters. La pression des fans a été un facteur clé dans le retrait rapide de plusieurs clubs de ce projet, finalement avorté par les instances dirigeantes du football européen. 

Ce que l’on constate aussi, c’est que la gestion de ces crises met en lumière l’importance de la communication entre les clubs et leurs supporters. Une écoute active et une volonté de compromis sont essentielles pour maintenir une relation saine et respectueuse. La pérennité des clubs en dépend, car aussi puissantes soient les institutions sportives, elles ne sont rien sans leurs fans.

 

Crédit photo à la Une : Fleur / Unsplash

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